2008.10.16 Paris (article)


Source: Le Parisien

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Paris porte bonheur à Ayo
16.10.2008

Elle s'arrête devant une boulangerie. « Ici, il y a les meilleures fougasses du monde. » Ayo en achète une aux olives, qu'elle dévore au bistrot d'en face. Place des Abbesses à Montmartre, la chanteuse, dont le nouvel album « Gravity at Last » est déjà numéro un des ventes en France, possède ses habitudes, depuis le succès de son premier disque et de son tube reggae « Down on My Knees ». « J'ai habité juste à côté, rue Durantin, dans un tout petit appartement avec ma copine Samantha, qui a fait le visuel de mon CD, raconte-t-elle dans son français charmant. J'allais faire mes courses au Franprix du coin. Parfois, je descendais au Champion de Pigalle, parce que, au moins, eux, ils avaient du Nutella ! » Elle nous entraîne ensuite dans une minuscule boutique la Caverne à Fripes, capharnaüm de vêtements rétro. « J'ai toujours adoré cette boutique vintage, j'y achetais notamment des chapeaux. » Ayo est prête à se laisser séduire par un sac, puis le repose. La fashion victim a beau avoir grandi en Allemagne, conservé un bout de nationalité nigériane comme son père, elle est française, et même parisienne de coeur. « J'aime les gens ici, ils sont très ouverts » Désormais, à 28 ans, la chanteuse vit à New York, mais vient de relouer un pied-à-terre ici avec son compagnon, le chanteur de reggae Patrice, et leur fils Nile, 3 ans. « J'aime les gens ici, ils sont très ouverts. Je n'ai jamais souffert de racisme en France, sauf avec les chauffeurs de taxi. Je me souviens aussi d'une drôle de rencontre à 14 ans, lors de ma première visite à Paris. Je suis tombée sur un exhibitionniste à la tour Eiffel ! » Quand Ayo revient vers 20 ans, elle pense rester quelques jours. Elle s'installera des mois. « Je squattais chez une amie styliste, Bisrat Negassi, que j'avais connue en Allemagne. C'est grâce à elle que tout a commencé. J'ai chanté dans un de ses défilés à Paris. Un producteur m'a vue et a voulu travailler avec moi. Il m'a trouvé deux semaines de concerts en lever de rideau de Dieudonné au Casino de Paris. » Elle se retourne et tend la main au loin. « C'est là-bas, rue Caulaincourt, que j'ai joué pour la première fois devant Jean-Philippe Allard, le patron de Polydor, dans un bureau. J'ai notamment chanté Down on My Knees . Il n'a pas donné sa réponse tout de suite. Quelques jours plus tard, il m'a vue à la télé. J'avais été invitée dans une émission par Titoff, dont j'avais fait la première partie. Il a pris cela comme un signe. » Tout est ensuite allé très vite. Ayo signe son contrat avec Polydor à Paris en 2005 et connaît un succès immédiat avec son premier album, « Joyful », sorti en juin 2006 et vendu à plus de 400 000 exemplaires. A l'époque, elle ne maîtrise pas encore notre langue. Les interviews se font en anglais, puis en français, une petite année plus tard. « J'ai appris à parler avec mes musiciens en les écoutant. Pendant des mois, j'ai cru que ça déchire ou c'est mortel faisait partie du langage normal. Alors que c'est un peu caillera, non ? » « Gravity at Last »***, Polydor, 16,99 €. Ayo en concert du 6 au 8 janvier 2009 à Paris à l'Olympia. Et en tournée à partir du 14 janvier.

Le Parisien
Cet article a été publié dans la rubrique Loisirs & Spectacles